Voilà dix ans que j’ai commencé mon aventure dans le dessin.

Presque tout pile.

J’ai commencé à 15 ans et j’en ai 25 aujourd’hui. 

Honnêtement, de toi à moi, je ne pensais pas que je serai capable de tenir aussi longtemps. 

Mais en être capable ou pas n’est pas la bonne question, n’est-ce pas? 

La vraie question serait plutôt : ‘Si tu devais le refaire, est-ce que tu le referais?’. 

La réponse : ‘Oui, je referais tout. Le burnout créatif, les déceptions, les murs pris en plein tête, les victoires, les joies et surtout devenir quelqu’un de meilleur jour après jour.’ 

Parce que jusqu’à maintenant ça a été une putain d’aventure! (désolé pour le gros mot)

Parce que ma vie sans la création, c’est pas une vie. 

Mon mojo : ‘Je créer donc je suis.’ 

Pourtant tu sais, contrairement aux apparences de mon niveau actuel…

… J’avais à l’époque à peu près autant de chance de finir dans ce domaine, que celui de réaliser le rêve de tous les petits garçons de ma génération, à savoir : devenir astronaute, star du football ou de remplir des stades de 80 000 personnes qui viennent me voir chanter. 

Je n’avais aucun prédisposition naturelle au dessin, et encore moins une prédisposition sociale. 

Je ne crache pas sur le métier de mes parents, ni sur aucun métier ici, mais clairement, la culture n’était pas au centre de nos discussions. 

C’était plutôt cancan sur les dernières rumeurs du petit village de montage, téléfoot le dimanche matin et stade de foot le dimanche aprèm, sur lequel une horde de chimpanzés habillés aux couleurs de leur club s’insultent. 

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(Mairie de mon village de naissance)

Tu vois le genre, non? 

Père à moitié chômeur, à moitié cariste. 

Beau-père vendeur puis commercial. 

Mère travaillant dans l’administration. 

Heureusement, il y avait l’école pour donner le goût de l’art! 

Ou pas. 

Surtout pas en dessin.
Surtout pas à cet âge la. 

Ce que les gamins peuvent être c**.

Et les profs aussi d’ailleurs. 

Mon premier prof de dessin au collège était clairement blasé, il attendait juste une chose, c’était de partir de France et d’aller s’installer au Canada. 

Il voyait l’art et les cours d’arts comme un sujet auquel les élèves devaient répondre précisément. 

Pas de place à l’imagination. 

Même les équations nous permettaient plus de créativité que ce prof.

Sa blase couplé à mon comportement, qui n’acceptait aucune forme d’autorité, faisait qu’il ne m’aimait pas trop. 

Résultat des courses, j’avais 7 à toutes mes notes. 

‘Beau’ dessin fait en 10 heures ou gribouilli fait en 10 minutes. 

Autant te dire que ça partait vraiment très, très mal entre l’art et moi. 

En début de ma 3e, ce prof a réalisé son rêve et est parti s’installer au Canada.
J’espère qu’il est moins abruti aujourd’hui et plus heureux. 

Il y a donc eu changement de prof de dessin. 

C’était un petit jeune, à la cool, qui fumait des bédos entre les cours et avait un van Volkswagen avec lequel il allait de collège en collège dans toute la France pour faire des remplacement. 

Un vrai Hippie. 

Un mec cool. 

Et une approche de l’art incroyablement différente de l’ancien prof. 

Le premier sujet qu’il nous a demandé faire, je m’en souviens encore après tout ce temps. 

Montrer que le temps qui passe’. 

Médium libre. 

Pas seulement cantonné à cette gouache indigeste et insipide. 

Pas seulement cantonné à un crayon 6B et cette feuille canson triste à pleurer. 

C’est ce jour là que ma vie a basculée. 

Pour la première fois de ma vie, on me proposait un problème qui n’avait pas de réponse donnée, avec la liberté la plus totale d’y répondre. 

Pour la première fois de ma vie, on me laissait la possibilité d’assembler tous les symboles comme je le voulais pour me rapprocher le plus près possible du sujet à explorer. 

Pour la première fois de ma vie, je venais de créer quelque chose nouveau, qui n’existait pas avant que je le mette au monde. 

Pour la première fois de ma vie, j’avais laissé une trace indélébile de mes pensées, de mes idées et de ma perception. 

Ce jour la, j’ai su que ma vie venait de basculer. 

A jamais. 

Pour le meilleur et pour le pire. 

Ironie du sort, première note avec ce nouveau prof, j’ai eu 15/20. 

Et je ne suis plus jamais descendu en dessous de 15 par la suite.

J’ai donc commencé à me mettre très sérieusement au dessin, mais je partais disons… de très bas.

(En autodidacte, l’ascension a été lente)
(En autodidacte, l’ascension a été lente)

Dans la foulée, j’ai eu la chance en seconde de tomber sur une prof incroyable qui a elle aussi changée ma vie. 

C’était une prof de français qui analysait les oeuvres d’un point de vue plus philosophique. 

Elle n’en avait que faire de savoir ce qu’une virgule placée en milieu de phrase pouvait signifier. 

Elle m’a donnée goût à la lecture, à la littérature et surtout à l’analyse. 

Merci à vous Madame T. 

J’ai ainsi continué, jusqu’à mes 19 ans, de dessiner comme un forcené. 

Du manga principalement.

Dans une succession d’histoires, d’illustrations et de concours tous perdus. 

J’ai même fait un manga de 9 chapitres (tu peux le lire ICI)

Tout semblait bien aller, une inspiration débordante, des centaines de feuilles gribouillés d’illustrations qui ne cessaient de gagner en niveau. 

Puis le Burnout créatif. 

J’ai fini ce manga et puis plus rien. 

Plus rien ne venais. 

Le vide. 

Plus d’idées, plus de motivation. 

Le néant. 

La descente aux enfers. 

Deux années sans créer. 

Deux années passées à combler le vide par des soirées à gogo et une consommation excessive de vêtements pour rester à la mode. 

Mais un jour, même avec le plus grand effort du monde pour meubler le vide, ce dernier te rattrape. 

J’ai compris que j’allais devoir me remettre à créer.

Pas juste pour le fun. 

Mais pour survivre.

Seulement voilà,  que faire?

J’étais incapable de dessiner et je n’avais guère envie de reprendre, en toute honnêteté. 

Comme j’écrivais des poèmes depuis le lycée, je me suis dit qu’il pourrait être sympa de les mettres en chanson. 

Je suis donc aller acheter une guitare. 

BOOM. 

Deuxième déclic. 

En l’espace d’une heure toute ma créativité était revenue. 

A ce jour j’ai écris plus de 300 chansons, pas autant de composées je te rassure ahah. 

Mais qu’importe, ce n’est pas le sujet ici. 

Forcé de constater que le dessin avait ses limites pour s’exprimer, la musique à aussi ses propres limites. 

Et honnêtement, musique + image impactante, c’est un sacré combo gagnant. 

J’ai donc dû me remettre au dessin, pour designer des logos, du merch et autres images pour aller avec les musiques. 

(Logo pour le projet musicale de l’époque, nommé: ‘No Proof At All)

Et contre toute attente, ça a marché. 

J’étais Back in the Business!

Mon projet musicale étant typé plutôt Punk Rock, l’influence des tattoos est venue assez naturellement.

J’ai donc continué de plus en plus à reprendre le dessin durant la période de mon BTS. 

A la fin de mon BTS, durant lequel j’ai été en Chine, et en Espagne, je décide de m’essayer sur internet en montant un premier business en ligne. 

(Je suis sur la droite, définitivement pas super content du blindtest de nourriture bizarre)

Si tu penses que ça a marché, et bien tu te trompes.

Ce fût un échec. 

Un vrai de vrai. 

Une seule toute petite vente réalisée. 

C’était un business d’achat et de revente de stickers muraux. 

Bonne idée mais il manquait un ingrédient important. 

La valeur ajoutée. 

Comprenant la ou avait péché ce business, je mets en place les correctifs nécessaires afin de garantir un succès au prochain business en ligne. 

Ce fût une marque de vêtement typée tattoo, étant mon style de prédilection de l’époque. 

Son petit nom, Mess Age. 

(Un des designs de hoodie de la marque)

Tu retrouveras probablement les designs prévu pour Mess Age dans mes produits un jour ou l’autre. 

Je les aime bien malgré l’échec de ce business. 

Et oui, encore un échec

Cuisant, mais un peu moins celui la. 

Je m’explique, J’ai fait plus de vente sur ce projet, mais cette fois aussi ça s’est soldé par un échec. 

Pas pour les mêmes raisons. 

J’ai compris que manager une marque de vêtement, c’était plus du management de tâches que de laisser place à sa créativité.

Et comme tu t’en doutes si tu as lu jusque la, c’est le principal pilier de ma vie, la créativité. 

Ce qui devait arriver avec un tel projet arriva. 

Ça a bloqué, je me suis senti étriqué dans le style de la marque qu’il fallait respecter pour répondre aux attentes de la clientèle. 

Mais contre toute attente, ce n’est pas niveau inspiration ou dessin que ça a bloqué. 

Juste au niveau du fun global. 

Et clairement, si avoir son business c’est de devoir pousser tout le temps car on déteste les tâches à accomplir, autant rester salarié, moins de risques et tout autant de désavantages. 

J’ai aujourd’hui plus d’inspi et d’idées notées sur mon OneNote que ce que je pourrai réaliser dans toute une vie. 

Suite à cet échec, j’ai dû faire face à une vérité que j’ai pendant longtemps voulu ignorer. 

Probablement à cause de mon éducation, aussi bien scolaire que familiale.

Peut être aussi à cause d’un BTS Commerce International, bien loin des sentiers créatifs. 

Et surement par peur de me lancer à corps perdu dans ce qui représente la béquille de ma vie, et de risquer l’échec.

Accepter la vérité était nécessaire pour pouvoir avancer et passer à l’étape supérieur. 

Je suis un artiste.

Je suis un créateur. 

Et cette simple discipline doit être au centre de ma vie. 

Pas seulement à 30% comme avec Mess Age. 

Mais à 100%.

Que ce soit au travers de contenus sur des idées, de musiques, de nouvelles, sur des dessins ou sur des formations. 

D’ailleurs, je ne me dirigeais pas du tout vers la transmission de connaissance pour un sou. 

Je partais sur un chemin artistique plus classique.

C’est mon petit frère qui m’a donné cette idée. 

Un jour, il rentre dans la chambre, me regarde tout penaud et me tends une feuille de papier.

Le silence règne et la feuille de papier s’affaisse dans un bruit souple. 

Je sent la tension sur son visage, un peu de gêne, ses yeux oscillaient de droite à gauche. 

On ne peut pas dire qu’il était des plus à l’aise. 

Je prends donc la feuille. 

Et la, enfin il se décide enfin à me dire quelque chose. 

“J’ai fait des dessins, est-ce que tu peux regarder et me donner des conseils s’il-te-plait?” 

Ah. C’était donc ça la tension? 

Celle qu’on connaît tous. 

Qui tourmente plus d’une âme à ses débuts. Ou même à son paroxysme de talent. 

Montrer une de ses créations au monde. 

La lacher dans la nature et se frotter à la réalité de la critique. 

Le petit malin s’est dit que je pouvais lui transmettre les infos les plus utiles grâce à mes 10 ans de dessins. 

Et il avait pas tort. 

Du coup, j’ai décidé de faire une vidéo en mode tuto pour lui montrer comment dessiner les visages. 

Tu peux voir l’article ICI ou la vidéo sur Youtube ICI

Suite à un retour positif, j’ai montré cette vidéo à d’autres personnes qui apprennent le dessin (ou pas d’ailleurs). 

Encore une fois retour positif. 

Et comme je trouvais ça très récompensant d’aider les gens, j’ai continué. 

Voilà comment est née la version actuelle de Miennu.

Merci d’avoir pris la peine de lire jusque la! 

J’espère que mes tutos, mes articles de blog et mes formations pourront t’aider à devenir l’artiste que tu souhaites. 

Par contre, je te préviens d’avance, il n’existe pas de méthode miracle. 

Juste du travail. 

C’est moins sexy mais c’est la réalité. 

Allez, on se retrouve tout de suite sur ta plateforme préférée ou sur le groupe Facebook de la communauté : Les Talentless 

A tout de suite, la bise. 

Miennu.